Les PCR, ces papous de notre monde ou pourquoi est née la CoRPAR

par | 26/03/19

Et oui le sentiment le plus partagé par les PCR dans la première décade du 21ème siècle c’était l’isolement et cela je l’ai vite compris lorsque l’ASN m’a chargé en 2008 de faire un audit sur les trois premiers réseaux régionaux de PCR – APCRAP [1997] – Grand Ouest [2004] et RéSO [2005]. L’illumination est venue lorsque rencontrant un jour mon ami François, ethnologue, je lui parle des PCR de leur sentiment de solitude et que tout d’un coup il me dit  « Alors tes PCR, c’est comme mes papous ». « Mais oui, bien sûr, ce sont ‘nos papous’, fais moi un dessin » lui ai je demandé et voilà…

Cet Audit a confirmé que plus de 80% des interviewés attendaient des réseaux de sortir de l’isolement, d’échanger, d’améliorer leur compétence et leur légitimité. L’ASN a alors décidé plus clairement encore de soutenir la mise en place d’autres réseaux et cela a été le cas du RAMIP (Midi Pyrénées) [2009], de l’AIRCAP (Champagne Ardennes Picardie), et des réseaux Centre et Rhône Alpes en 2010.

Mais la mise en place des réseaux ne suffisait pas à ces papous de notre monde.

En Septembre 2010, j’ai reçu un mail d’un groupe d’animateurs de réseaux représentés par Sébastien Balduyck qui disait « Les réseaux se montent un peu partout, et les PCRs se sentent moins isolées, mais les animateurs des réseaux le sont et le besoin d’une rencontre se fait cruellement sentir. »

Cela a abouti le 10 décembre 2010 à l’occasion des Journées PCR de la SFRP à une réunion informelle de tous les acteurs concernés (représentants des réseaux existants et en formation, représentants des Autorités et des Sociétés de Radioprotectionnistes.

En Janvier 2011 je suis allé présenter le compte rendu de cette réunion à Jean Luc Godet de l’ASN. Le premier point de ce compte rendu disait très clairement qu’il y avait : « Un besoin unanime des réseaux (régionaux, mono ou plurisectoriels) de mettre en place une coordination entre réseaux pour échanger sur le fonctionnement des réseaux, les produits, les problèmes rencontrés… ». J’ai demandé à Jean Luc Godet  ce qu’il comptait faire, sa réponse « tu as du temps disponible ? Alors nous allons te charger de mettre en place et d’animer cette coordination, mais ce sont les réseaux qui décideront ce qu’ils attendent de toi ».

Une nouvelle réunion informelle a eu lieu à Tours en Avril 2011 lors du congrès SFRP ; elle a été l’occasion de discuter d’un projet de charte d’éthique des réseaux et de la coordination qui avait, entre autres, pour but d’assurer notre indépendance vis à vis des entreprises commerciales.  L’existence de cette charte a été fort utile par la suite pour conjurer quelques tentatives de main mise sur la coordination.

La coordination  s’est réunie pour la première fois en Novembre 2011 dans une salle mise à disposition par l’ASN, 9 réseaux étaient présents et  ont signé la charte éthique.  La Coordination devint une « association de fait » sans statut légal formalisé jusqu’en Juillet 2015 où elle est devenue association 1901. Le sigle CoRPAR et le logo correspondant sont enfin retenus : c’était début 2013.

Et voilà comment est née la CoRPAR pour répondre à une attente de reconnaissance partagée avec les peuples premiers.  Mais heureusement elle est très vite devenue un interlocuteur ‘reconnu’ en radioprotection professionnelle.

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